Commémoration du 49ème anniversaire du premier essai nucléaire du 02 Juillet 1966.

Cette année, à l’occasion du 49ème anniversaire du 1er tir nucléaire réalisé en Polynésie française, une commémoration sera manifestée en 2 temps forts :

D'abord, le mercredi 1er juillet à 18H00, à la Paroisse Christ-Roi de Pamata’i,où, lors de la messe ordinaire, sera dite une intention particulière à l’attention des défunts et malades.
Puis, le Jeudi 02 juillet à 15H00, au lieu de Mémoire au bas de l’Avenue Pouvanaa a Oopa, se tiendra un rassemblement avec MORUROA E TATOU, le Collectif PUHIHAU et bien d’autres associations pour commémorer ensemble le 1er tir réalisé le 2 juillet 1966 : 49ème année d’espoir du peuple polynésien que Vérité et Justice soient faites.


 

Sur le lieu de commémoration

...MOBILISONS-NOUS AVEC NOS PROCHES, AMIS, CONNAISSANCES...

Pour toutes informations complémentaires, veuillez contacter la secrétaire de l’ASSOCIATION 193, Ramona OOPA, qui est joignable au 87 72 36 40, ou par mail à : association193@gmail.com ou encore par MP sur notre page Facebook Association 193 ou sur notre site web www.association193.org

Pour rappel!

Rappelons les objectifs de notre Association.
L'association 193 a pour objet cinq axes principaux :

− mener des actions pour la préservation de la mémoire historique des 193 essais nucléaires réalisés en Polynésie française, pour que l’on n’oublie pas ; la date du 02 juillet 1966 restera la date de référence ;

− saisir et sensibiliser les autorités compétentes pour que le programme scolaire enseigné en Polynésie française, tienne compte de cette période liée au nucléaire et que les enseignants, par conséquent, reçoivent une formation adéquate ;

− encourager et soutenir les actions et manifestations locales, nationales et internationales relatives à la thématique du nucléaire et ses conséquences ;

− mener des actions auprès des autorités publiques permettant aux populations polynésiennes, l'obtention d’une demande de pardon de la France et réparation qui en suit, dans un sens du bien commun : la présence de médecins spécialisés, le soutien du système de santé en général, et l’accompagnement financier relatif aux frais médicaux générés par les retombées directes et indirects des essais nucléaires ;

− apporter une attention préférentielle vis à vis des populations démunies résidentes des îles ayant servi de site expérimental et à celles situées à proximité en leur apportant notre soutien dans le combat d’une juste réparation.

Voici le discours prononcé par le Père Gérald TEPEHU lors de la commémoration du 49ème anniversaire du 1er tir nucléaire.

                                                                                                                                                            

Iaorana tatou e te mau hoa, 

Il y a 49 ans, explosait la première bombe atomique en Polynésie. La première d’une très longue série, 193 en tout. 193 essais nucléaires perpétrés sur cette terre que nous aimons et qui nous a vus naître. Dans ces îles, nos ancêtres avaient trouvé refuge et de quoi vivre en harmonie avec cette nature généreuse qui les accueillait. 193 essais nucléaires en 30ans, soit en moyenne, 1 essai nucléaire tous les 2 mois, et cela pendant 30ans. Il n’y a pas une région en France ou en Outre-mer qui n’ait été autant souillée que la Polynésie. La France peut être fière de ce qu’elle a fait dans nos Îles.

 

Aucun polynésien, quelle que soit sa couleur politique et au nom d’une quelconque raison, ne devrait cautionner une telle page de son histoire. Au contraire, tous les polynésiens et tous ceux qui aiment ce Pays devraient s’unir pour, qu’enfin, une seule voix puisse être entendue : « justice ! ».Nous ne faisons aucun amalgame dans ce combat. Nous nous battons pour une« justice » au nom de cette même France qui aime à défendre une telle valeur. Durant ces 30 années d’essais nucléaires, il y a un« coupable », l’Etat français, et une « victime », le peuple polynésien. Pas de confusion dans nos propos, mais une volonté pour,qu’enfin, cette page dramatique de notre histoire soit reconnue objectivement,sans fausse culpabilité, ni compromission  pouvant conduire au chantage.

 

Il fut une époque où l’on pouvait entendre dire« qu’on ne savait pas », ou bien encore, « qu’on nous a mentis » ;aujourd’hui, malgré toutes les preuves des conséquences irrémédiables des essais nucléaires sur la santé de polynésiens, il est encore difficile pour un certain nombre d’accueillir cette vérité. On aime à faire semblant dans notre Pays. Peur de qui, peur de quoi ? Quel manque de courage ! Surtout lorsque l’on sait aujourd’hui que la France doit sa grandeur, sa puissance nucléaire, aux malheurs  des polynésiens.

 

L’association 193 se veut être une petite pierre dans la reconstruction de notre Pays, à partir de ce tournant historique douloureux : « il y a un avant et un après 2 juillet 1966 ». Et nous croyons que des paradigmes fantômes freinent le développement de ce Pays, parce que justement, le silence assourdissant qui règne autour de ces actes criminels commis par la France dans nos Îles, est si paralysant, que rien n’avancera vraiment tant que la France ne les reconnaitra pas, ne demandera pas pardon aux Polynésiens et ne procèdera pas à la réparation  des préjudices afférents.

 

L’association 193, apolitique et fondée sur le respect des valeurs chrétiennes, a été créée en août 2014 et est composée de 500membres et 1000 pétitionnaires répartis sur 5 sections (Mangareva, Tureia, Tatakoto, Fakarava et Pamatai).  Elle est reconnaissante envers l’association « Moruroa e tatou », de l’accueillir comme partenaire humble, d’un combat qui demande courage et unité. Aujourd’hui,nous signons ce partenariat avec l’espoir que nous serons de plus en plus nombreux pour faire entendre notre voix. Merci à « Moruroa e tatou ».

 

Enfin, nous émettons un souhait, qu’à la veille de fêter le triste anniversaire des 50 ans de la 1ère explosion nucléaire, le 2 juillet 2016, qu’un référendum soit organisé pour que tous les polynésiens puissent donner leur avis en toute conscience. Les essais nucléaires ont été préparés par un référendum manipulé et truqué, faisons en sorte, dans la mesure du possible, de ramener ce tourment qui nous rassemble aujourd’hui sur cette place au sein de nos populations, par un référendum.

Que le Seigneur bénisse ce beau Pays où il a permis que nous  voyions le jour ; qu’Il bénisse toutes les bonnes volontés compatissant à cette histoire difficile. Que nos pas soient éclairés de sa Lumière, de son Esprit, nous en avons besoin, cet Esprit que la Bible nomme le « Consolateur ».

 

Ia rahi te aroha

 

P. Auguste UEBE-CARLSON

Président de l’association 193.

 

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Date de dernière mise à jour : dimanche, 02 Août 2015